Le Cheval d’Odin

Yvinec-Gnirk

jeudi 3 mars 2011, par Nimzovinec

WC X11 /section 15

Blancs :Jean-Marc Yvinec...................Noirs : Hajo Gnirk

Gambit Evans

1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fc4 Fc5 4.b4

Le gambit Evans est une variante tumultueuse de l’Italienne.L’idée fondamentale d’une ouverture est le contrôle du centre ; ce contrôle pouvant être réalisé de différentes façons : l’occupation par des pions et/ou des pièces et le contrôle à distance des cases centrales. Le gambit Evans se place dans la première catégorie : occupation du centre par des pions. Le pion en b4 va attirer le fou noir sur des cases ou il va s’avérer être instable. Les blancs vont en profiter pour forcer c3/d4 avec gain de temps.

Tout gambit est synonyme de compensations ; dans notre cas les compensations (après acceptation du pion par les noirs) seront : le contrôle du centre, l’avance de développement, la maîtrise des colonnes centrales et des diagonales et &le maintient du roi noir au centre.. !

Attention gambit ne veut pas dire attaque à tout vas, sans réfléchir, en « brûlant » son navire ! Toute ouverture qui se respecte doit impérativement avoir des « fondamentaux » solides ; en d’autres termes avoir des bases positionnelles et stratégiques. Les gambits n’échappent pas à cette définition Le gambit Evans non plus.

Très souvent les noirs sombrent dans l’ouverture (de gambit), car ils n’ont pas pris en compte suffisamment tôt cet aspect des choses, et quand ils se réveillent c’est trop tard ! !

4 .Fxb4

Le refus du sacrifice de pion est parfaitement recevable également (4 ...Fb6) . Le grand Steinitz a dit un jour « la meilleure façon de réfuter un gambit réside dans son acceptation ». Il y a du vrai dans cette assertion &en tout cas en ce qui concerne notre gambit Evans !

5.c3 Fa5

La réponse usuelle mais pas la seule ; on rencontre également 5 .Fc5 et 5 .Fe7.Cette dernière possibilité a récemment connu un très vif succès grâce à quelques parties de Kasparov.

Le recul du fou en e7 mérite beaucoup plus de considération que la littérature ne lui en donne. En e7 ce fou renforce le contrôle des cases noires autour du roi et curieusement dispose de plus de possibilité qu’en a5/b6. On voit souvent ce fou osciller sur le losange c5/b4/a5/b6 pour finir par se repositionner en c5, sur sa diagonale d’origine ! Beaucoup de perte de temps &qui n’empêche pas les blancs d’avancer au centre et de réaliser les objectifs stratégiques de l’ouverture.

6.d4 d6

Renforce le centre. L’autre terme de l’alternative est 6.exd4.

L’abandon du centre est très souvent risqué dans le gambit Evans, la suite du texte est plus calme, mais plus défensive également. Ces deux suites sont globalement de même valeur, et choisir entre les deux est extrêmement difficile ; c’est la personnalité (et le style du joueur) qui prime.

7.Db3

Ce coup de Tartakover est le plus fort malgré le fait qu’il mobilise la dame blanche un peu tôt dans la partie ; la pression sur f7 et sur la diagonale italienne est très forte. La suite du texte constitue la variante principale, les autres alternatives étant jugées trop lentes et moins percutantes.

7 ....Dd7 !

Cette défense de f7 est la plus saine, la plus simple et la plus efficace &même si en f7 la dame gêne quelque peu le fou c8 et retarde d’autant tout le développement de l’aile dame noire. Cette suite est en total accord avec 9 &d6, l’objectif étant de consolider, autant que faire ce peu, la position avant que d’entreprendre des opérations plus actives.

8.dxe5 Fb6 ! ?

Ce recul du fou est souvent annoté ! dans la littérature. Le grand Estrine lui-même a perdu contre 8 .Fb6 !

L’idée noire est relativement simple : rendre le pion, recycler le fou sur une bonne diagonale, libérer la case a5 pour le Cc6 profitant de la position de la Db3 et du Fc4 et profiter en finale de la faiblesse de la structure de pions blanche (cf. la défense Lasker).

Rien que des bonnes idées !

Steinitz ajoutait dans sa sentence sur l’acceptation d’un gambit, qu’il fallait prendre le pion pour mieux le rendre plus tard, avec tous bénéfices !

La seule, mais importante, difficulté consiste à bien identifier quand rendre ce pion. Avant l’heure, c’est pas l’heure ; après l’heure c’est trop tard !

9.Cbd2 !

Ce coup de Keres est le plus simple. Les blancs, en accélérant leur développement, acceptent l’échange de leur Fc4, et prennent acte des quelques pertes de temps induites par le plan noir. Les autres possibilités sont :

9. OO Ca5 10. Db5 Cxc4 11. Dxc4 dxe5 12. Cxe5 De6 et les noirs sont mieux.Lorincz-Bottlik 1976
9. exd6 Ca5 ! 10. Db4 Cxc4 11. Dxc4 Dxd6 (11 cxd6 ?) 12.Fa3 (12.OO à donner l’avantage aux noirs dans Ivanovic-Timman 1984/1985) 12 Fe6 13.De2 Pfleger-Unzicker 1963 (Les noirs prennent le dessus après 13. Db5+ Rodriguez-Valdes 1988.) et maintenant le 13 Dd7 ! de Unzicker fait la différence.
9. Fb5 a6 (9 .Cge7 ! ? =) 10. Fa4 Fc5 ! (plus incisif que 10 De6) 11. c4 Cge7 12.OO OO 13. Cc3 et Dg4 ! donne l’avantage aux noirs.Losec-Ivanov 1990.

La justification de l’annotation ( !) n’est pas évidente, car pendant longtemps ce coup à connu la disgrâce mais patience !

9 ....Ca5

Le meilleur car 9 Ch6 ne mène nul part (Alexander-Tylor 1935/36).

Cette manœuvre du fou et du cavalier constitue la pointe de la défense noire. C’est une manSuvre positionnelle saine et fondée mais quelque peu lente.

10Dc2 !

Les autres possibilités sont plus faibles :

10. Da3 Cafferty-Hoogendoorn 1966/67
10. Db4 Naftalin-Poltner 1980

10 .....Cxc4

La suite logique de 8 ...Fb6. Il est essentiel de supprimer le dangereux Fc4. Si 10 Ce7 11.Fxf7 ! Rxf7 12. e6 + ! Ebeling-rantanen 1980.

11.Cxc4 d5 !

Palciauska est le grand responsable de ce 11 d5 !, un complément essentiel du recul du fou au 8° coup noir. Un contre au centre est très souvent la meilleure réponse à une démonstration latérale de l’adversaire (4.b4), dans le cas présent ce contre va permettre aux noirs d ’échanger quelques pièces, de repositionner leur dame et de libérer le Fc8 (et toute leur aile dame).

C’est grâce à ce coup qu’Estrine à mordu la poussière alors méfiance ! ! !

Cette poussée centrale est forte, très forte ; elle a pendant très longtemps été considéré comme la « Réfutation » du système blanc avec 9.Cbd2 !

Cette « réfutation » semblait tellement forte que bien peu de joueurs osaient s’aventurer dans cette voie ; le grand Harding lui-même préconisant 9. Fb5 jusqu’à ce qu’une révolution nous arrive de Cuba !

12.exd5

12.Ce3 ! ? est expérimental Bagirov-Ernst 1995
12.Cb6 ? ! est prématuré Estrine Palciauskas1978/84, Feinstein-Norman 1991, Harding-Tiemann 1988.
12.Fg5 ! ? est une idée récente renforcée par Moody ; l’idée est 12 dxc4 ? 13. Td1 avec le mat en d8

12 Dxd5 13.Da4 !

Une préparation efficace à la prise en b6, les blancs évitent ainsi l’ouverture de la colonne a.

Ce coup est du à Pedro Rodriguez (de Cuba). La réfutation de la réfutation ? !

13 ....Fd7 14Cxb6 cxb6

13.Da4 !est la continuation moderne, une tentative d’améliorer la fameuse partie perdue par Estrine ; l’essentielle de cette amélioration consiste à forcer les noirs à reprendre le Cb6 par le pion c et non par le pion a. La différence semble minime, mais elle est essentielle pour justifier 9.Cbd2 ( !)

Si Da4 résiste à l’expérimentation, alors ce coup mérite bien son !, de même que 9.Cbd2 !

15.Db4

15.Dd4 est une recommandation de Matsukevich testée dans une partie Cafferty-Rutherford 1996 15 Dxd4 16. Cxd4 Tc8 17. Rd2 Ce7 18. Fa3 Cd5 et les noirs sont mieux (Cafferty-Rutherford 1996). Mais pourquoi échanger ainsi les dames, et se contenter d’une finale ou la structure des pions semble favoriser les noirs ?

La suite du texte semble plus dynamique (gardons le maximum de pièces sur l’échiquier !) et plus dans l’esprit du gambit Evans (gardons intact notre potentiel d’attaque !).

15 .... Fb5 16.Cd4 !

Encore un coup actif, c’est au tour du pion e5 d’être laissé en pâture aux pièces noires. L’objectif est toujours le même : faire perdre du temps aux pièces noires pour maximaliser le potentiel agressif des blancs, et ce au mépris du matériel.

Poussons, poussons camarades !A force de pousser la position adverse finira bien par se lézarder !

16 ..... Fa6 ! ?

La partie Rodriguez (encore lui ! !) contre Valdes (encore ! ! !) avait poursuivie par 16 Dxe5 ! 17. Fe3 Fd7 18.OO avec un bon jeu pour les blancs.

Rodriguez semble mener une véritable guerre personnelle contre Valdez (Billeter).

Quelle sont les raisons qui peuvent bien pousser les noirs à jouer un coup aussi compromettant ? Les inconvénients du recul du fou en a6 sont évidents, alors pourquoi le jouer ? La réponse pourrait bien être d’ordre purement psychologique et non pas échiquéen ! Il est remarquable d’observer avec quelle constance, face à un gambit, les défenseurs choisissent des variantes « inférieures ». C’est ce constat qui me pousse à privilégier l’option psychologique :

choc du à l’ouverture,
sous-estimation des risques induit par le gambit,
sous-estimation de l’adversaire.

Ce dernier point est important car basé uniquement (en tout cas en ce qui concerne cette partie) sur le classement officiel de l’ICCF publié à la date de départ de la compétition. Votre humble serviteur ne possédant pas un tel classement officiel, que « pèse »-t-il face au 2336 points du conducteur des noirs ? Sur le papier, la réponse est : rien ! Mais se baser sur cet unique critère pour orienter la partie dans une phase critique me semble être une erreur aussi profonde que de laisser une pièce en prise. Seul le « jugement et plan » de la position, notions développées par M.Euwe , doivent soutenir notre choix et conforter notre décision. Les considérations non échiquéennes, si elles restent essentielles dans la conduite de la « lutte » ne doivent jamais oblitérer les caractéristiques concrètes de la position, jamais.

La suite du texte est risquée mais qu’est-ce qui n’est pas risquée dans un gambit Evans ? Le recul en d7 est peut-être plus sage. La partie quitte (enfin) la théorie, l’aventure personnelle peut commencer. Les deux joueurs semblent avoir atteint ici les limites de leur préparation théorique de l’ouverture.

Souvent dans la littérature le rédacteur nous explique avec forces démonstrations que le joueur en choisissant un gambit désire « sortir » de la théorie le plus vite possible. C’est parfois exact, mais très souvent cette assertion est totalement fausse ! Le choix de telles ou telles variantes d’ouvertures doit faire partie d’un ensemble, d’une réflexion globale permettant de définir au mieux sa problématique de gestion de la lutte, et la conduite du futur combat qui va s’engager. Et croire qu’un tel joueur n’a pas fait son travail théorique à la maison est une erreur majeure, et très souvent fatale. Cette partie en est une preuve éclatante, elle suit la « théorie » et ce jusqu’au 16° coups !

Hé oui, même dans des ouvertures comme le gambit Evans la sacro-sainte théorie est omni présente ! Mais qu’est-ce que la théorie sinon la compilation de la pratique des joueurs d’échecs ?

17.Da4

Comment résister à la tentation ?

Patzer voit échec, Patzer donne échec !

Nautile besogneux (Ménétrier dixit) commence à sortir une tentacule de sa coquille, il à grand faim et le Roi adverse est une proie bien appétissante.

Les blancs pensent avoir déroqué les noirs.

17 .... b5 ! ?/ ? !

Comme ils disent à la « télé » ça pour une surprise s’est une surprise ! ! Le dernier coup noir est très responsable, en effet le pauvre Fa6 va avoir bien du mal à retrouver le soleil !

18.Db4 Dxg2

Qui a parlé de pion empoisonné ?

Il n’est pas toujours sain de butiner ainsi les pions et de laisser « filer » le développement.

19.Fa3 !

« Par les saintes culottes de Mac Grégoire ! ! » (Mortimer dixit).

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut « planter » ainsi un double sacrifice de tours. Ce double sacrifice de tours rappelle la fameuse « immortelle », un autre gambit Evans, partie jouée à une époque où le romantisme régnait en maître sur la planète échecs et où l’agressivité et les sacrifices coulaient à flots. Quelle époque merveilleuse ! !

Une position remarquable où deux conceptions différentes s’affrontent : dynamisme et agressivité pour les blancs, matérialisme pour les noirs.

Vous connaissez d’autres débuts qui peuvent vous donner de telles positions d’attaque ? La position va maintenant s’aiguiser à l’extrême. Le contrôle central des blancs va devenir total et la pression sur la diagonale a3/f8 décisive.

19 ....De4 20.Rd2

J’aime les promenades du roi ( Nimzovitch.) Le monarque s’écarte doucement tout en conservant la liaison entre les deux tours.

20 .... ooo 21.Tae1 Dg2 22.Rc1

Le roi continue sa quête, lentement, déclouant le cavalier et entame sa longue marche vers l’aile dame.

22.....b6

Quelles peuvent être les justifications d’un tel coup ? Difficile de répondre !

Certes ce coup enlève le case c5 aux blancs et laisse un espoir au malheureux Fa6 de revoir un jour la lumière mais il ne fait rien pour le développement et ne parlons pas de l’affaiblissement de la position du roi noir ! !

Depuis le 16° coup noir les blancs ont été incapable de prévoir les réponses noires, et sont allés de surprises en surprises. A la « lecture » de cette séquence de coups, il est bien difficile d’identifier le plan des noirs ainsi que les objectifs qu’ils se sont fixés. Après une longue réflexion, les blancs se sont décider pour :

23.e6 !

En avant toute !

Plus moyen de reculer. Un commentaire de T.Sawyer (concernant une position issue du gambit Blackmar-Diemer) me semble très approprié : « charge, go, go, go ! ! ! ».Ce commentaire dénote bien dans quel état d’esprit le conducteur des blancs doit gérer sa partie. L’avantage blanc n’est que temporaire, toute baisse de tempo dans la conduite du jeu pourra permettre aux roi noir de se mettre à l’abri et alors là ce sera la catastrophe pour les blancs Les blancs n’ont plus le choix, ils doivent surfer sur l’énorme vague des complications tactiques à venir en espérant que le dynamisme de leur attaque fera sombrer corps et âme le monarque noir .

On à souvent considérer que la prise d’un pion par la dame en b2 ou g2 était « empoisonnée » ; c’est très souvent le cas !Le défaut majeur d’une telle entreprise est la perte de temps colossale qu’elle implique. La vraie question est maintenant de savoir si les blancs sauront ou pourront en profiter ! La seconde question, tout aussi fondamentale est comment ?

23 ....Dg5 24.Rb1 fxe6 25.Tag1

Typique de l’approche d’un gambit !

Toutes les pièces blanches participent maintenant à l’action. La position d’attaque blanche est très prometteuse. Le développement est terminé et la pression exercée par les blancs est énorme : contrôle central, diagonale a3/f8 .

L’initiative est fermement entre les mains des blancs. Le seul point « noir » est la position quelque peu flottante du roi mais un refuge sur l’attend sur l’aile dame et un roi qui ne peut être menacer par l’adversaire ne constitue pas à proprement parler une faiblesse.

Deux commentaires me viennent à l’esprit :

toutes les pièces sont à l’attaque (LARSEN),
l’échiquier va vibrer (TARTAKOVER).

25 ....Df6 26.Cxe6 Td7 27.Cf8 !

Un coup fort mettant en valeur le contrôle absolu de la grande diagonale a3/f8 ainsi que la faiblesse de la position du roi noir. Les blancs « poussent » de toutes leurs forces sans laisser aux noirs la possibilité de souffler.

Poussons, poussons, cognons, cognons camarades et la forteresse adverse finira par s’écrouler ! ! !

27....Df5 28.Ra1

Après sa longue marche, le roi a trouvé, enfin, un havre de paix.

28 .... Td8 29.Td1 !

Le dernier défenseur du monarque noir disparaît. Il s’agit en fait d’échanger la tour g1, quelque peu passive, contre la tour d8, laissant le pauvre roi adverse bien seul. En effet, la Th8 ne peu aider son monarque, le Cf8 lui bloquant son horizon.

Les coups de buttoir (ou de bélier) se succèdent sans interruption, le rythme de l’attaque blanche est soutenu. Il s’agit de ne pas laisser un seul instant de répit à l’adversaire dans cette phase critique de la partie qui consiste à transformer une position prometteuse en position gagnante. Ensuite, et c’est une autre histoire, il s’agira de transformer une position gagnante en position gagnée !

29 .... Txd1 30. Txd1 g6

Après ce coup mystérieux (et encore à ce jour incompris par votre serviteur), la position blanche peut être considérée comme gagnante. Le roi est désormais bien seul face aux hordes blanches

La pauvre aile roi des noirs est un bien triste spectacle ! Et le reste de leur position ne porte guerre à l’optimisme qu’en à la suite du combat.

Dans cette partie le Général en Chef des Noirs aura été bien mal servi par ses troupes.

31. Dd6 !

Nautile besogneux se rapproche, n’oublions pas que le nautile est un prédateur carnivore. Le plus précis, car visant directement le roi.31.Dd4 gagne du matériel mais retarde l’échéance fatale, et le but ultime d’une partie d’échecs est bien le mat ! Alors laissons de côté ces aspects bassement matériel, et fixons notre regard sur la véritable cible.

31 .... Rb7 32. Ce6

Ce cavalier revient en jeu avec force. En attaque le couple Dame et Cavalier constitue bien souvent un couple infernal.

32... Cf6 33. Dc7

La dame devient « collante » ! Le repas du fauve est servi !

33 . Ra8 34. Td8

Les blancs nettoient les tranchées à la grenade (Billeter) .

34 ....Txd8 35.Dxd8

La Th8 à peine libérée de sa prison disparaît à tout jamais, emportée dans l’inexorable « poussée » blanche.

Maintenant le roi est totalement seul pour se défendre face au couple infernal Dame et Cavalier. Et le fou en a3 ne demande qu’a venir en d6 pour participer à la curée !

Le mat n’est plus qu ’une question de temps et les noirs ne peuvent plus l’éviter ; le retarder oui, l’éviter non ! Et pour le retarder il faudra sacrifier la dame et le cavalier seul le fou en a6 y survivra ! Et pour cause, il ne peut bouger !

35 ...... Abandon

Au terme de cette partie que conclure ?

D’abord que le système de défense choisi par les noirs au 16° et 17° coup est critiquable ; on n’enferme pas ainsi impunément ses pièces. Deuxièmement, dans ce genre de situation difficile, partir à la chasse au pion ne me semble pas être la solution la plus pertinente.

Nous jouons un gambit que diable !

Et jouer un gambit, même avec les noirs, ne devrait pas être synonyme de jouer sans respecter les principes fondamentaux de notre noble jeu.

Les gambits, comme certaines ouvertures dites « inférieurs » mais parfaitement jouables, sont des armes parfois redoutables mais très souvent perfides. L’impact psychologique que ces suites induisent sur l’adversaire est réel, et les noirs devraient en tenir compte dans l’élaboration de leur défense. Ces « maudites » suites ne sont pas si facilement « réfutables » que la littérature veut bien nous laisser croire

Troisièmement, même si la continuation de Palciauska 11 ..d5 ! est forte, il serait inconvenant de la considérer comme la réfutation du système blanc. La récente « révolution cubaine » due à la découverte de Pédro Rodriguez a eu le mérite de ramener à de plus justes proportions les mérites (incontestables) du contre de Palciauska.

La réfutation à été réfutée !

A quand la réfutation de la réfutation ?

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